Navigation ×


Johnny coconuts.....John Caldwell

frédéric bellorge
Profil Suivre Contacter

JOHNNY COCONUTS alias John Caldwell

 

John Caldwell est né au Téxas en 1919, d'un père juriste et d'une mère Cherokee. Etudiant au Santa Barbara collège, il obtient son brevet de pilote et tente de s'engager dans l'US air force après Pearl Arbor mais est refoulé à cause d'un tympan perforé. Il s'engage dans la marine marchande pendant 2 ans. Début 44 il accoste en Australie où il travaille un temps comme pilote puis assigné a terre jusqu'en 45 suite à un vol à l'envers, il y rencontre sa femme Mary, puis se réengage sur un cargo pendant 1 an avant d'arrivé à New York en 46. Impatient de retrouver sa femme restée en Australie, ne trouvant ni avion, ni bateau pour Sydney, il achète un voilier de 8,80m ancien cotre à arrière canoë autrefois utilisé pour le ravitaillement des phares en mer Baltique. Ne connaissant rien à la voile il achète un livre de voile et sans attendre son avitaillement prend le large ou presque, le départ est épique ! Il dit d'aillleurs : «je hisse les voiles, tourne les drisses, lance le moteur, amarre la barre pour bondir à l'avant lever l'ancre , celle ci m'échappe et je passe par dessus bord,,,,Pagan traîne son ancre, frôle une bouée puis un voilier au mouillage, heurte une autre bouée puis change de direction et fonce vers moi, je nage de coté et quand il passe à coté de moi je saisie une cadène et me hisse sur le pont,Alors il y a une grande secousse, l'ancre vient d'accrocher brièvement le fond,,,,,la bôme passant en sifflant d'un bord à l'autre à toute volée, je largue l'ancre par dessus bord, parviens à envoyer un foc et maîtriser ma route ». Quelques encablure plus loin il échouera sur un banc et ne devra son salue qu'au sillage d'un cargo passant non loin de lui.

La suite du pacifique n'est qu'une suite de mésaventure rocambolesques.Terrifié par les ouragans, Caldwell progresse bon grès malgré tout vers l'ouest à une vitesse de tortue. A 500 miles du Panama il bataille avec un requin qui détruit une partie du cockpit et ruine définitivement le moteur. Ensuite l'homme rencontre tout sorte de créatures marines à la liste desquelles il ne manque plus que le kraken. Le 5 septembre 1946 un ouragan ( ou plutôt du gros temps) détruit le mat et fortement endommagé, Caldwell rafistole le bateau avec un gréement de fortune, la bôme dressée en guise de mat avec le reste des esparts. Il tente de rejoindre les Samoa qu'il ne trouvera jamais. Progressant à une vitesse d'un nœud, épuisé, affamé, il mangera jusqu'à son dentifrice et les produits cosmétique acheté pour sa femme pour survivre, de 75 kg au départ il tombera à 40 kg. L'arrivée, un naufrage brutal sur un récif de l'ile Tuvutha aux Fidji, récupéré par les habitants il sera soigné pendant 3 semaines avant de rejoindre Sydney à bord d'un bateau de commerce. L'arrivée est digne d'un film hollywoodien et porte la mention THE END. Qu'y a t'il de vrai dans tous ça ? Accordons à Caldwell une bonne moitié et ça sera déjà pas mal... Dans le livre qu'il écrit un an après il en fait des tonnes et ne lésine pas sur l'effet dramatique. Publié sous le titre ridicule "Le Pacifique contre l'amour" ( en anglais "The desperate voyage"), le livre sera traduit en 12 langues et deviendra un classique de la littérature de plaisance américaine.

Quittant Sydney pour la Californie Caldwell achève un diplôme de sociologie et devient travailleur social pour le compte de Los Angeles, avec sa femme et leurs deux enfants, il élit domicile dans un ketch de 36 pieds en 1956 et entreprend avec sa femme enceinte de leur troisième enfant et leur cadet Steve, 8 mois, mentalement retardé, la traversée vers l'Australie ou l'enfant décédera une semaine après leur arrivée. Ils y resteront cinq ans, le temps pour Caldwell de construire une goélette de 45 pieds « Outward Bound » avec laquelle ils feront un tour du monde en famille alimentant la caisse de bord en faisant des conférences dans les ports et publiant des articles dans la presse.

 

Ils parviennent à Antigua en mai 1960, les poches vides, sans un sou. Deux solutions s'offrent alors à eux, soit rentrer au Texas, soit se lancer dans le charter. Le choix ne fut pas long, ils en fond un véritable mode de vie et sans justification écologique partout ou il passe John plante des cocotiers, d’où son surnom...Johnny coconuts.

Régulièrement ils déposent des clients sur l'île aux Prunes ( prune island), minuscule île des grenadines où la végétations est inextricable. N'importe qui en serait resté là sauf John qui, en 1966, obtient un rendez-vous avec le premier ministre de Saint Vincent et obtient sur un coup de bluff phénoménal un bail de 99 ans pour 1 dollar symbolique en promettant emplois et capitaux fictif pour la construction d'un hôtel et de bungalows, il dit posséder 150000 dollars alors qu'il n'en possédait pas 10000.

Les travaux vont durée 1 an et demi, à coups de pelles, de brouettes, etc …

A mesure des ses rentrées d'argent, John construit d'autres habitations et plante, bien sûr, des centaines de cocotiers.

Pendant ¼ de siècles, l'île rebaptisée Palm Island, reçoit des businessmen de New York, des acteurs, des politiciens, comme par exemple Barbara Streisand, Quinsy Jones, Donald Trump, Françoise Sagan et bien d'autres.

Les années ont passé et le couple se sépare, John refait sa vie avec une femme de Saint Vincent et en 1983 accompagne les Etats Unis et la CIA à Grenade pour procéder à la reconnaissance précise des cotes défenduent par la milice de Castro.

John mène son affaire sans partage, contrôlant tout avec l'aide de ses enfants et petits enfants.

En 1990 un Sun Legend 44 vient s'échouer sur le récif non loin de son île, la houle arrache l'arrière de la coque ainsi que la cabine arrière et le bateau est pillé en quelques heures. La société de location propriétaire du bateau fait retirer l'épave par un trawler et le coule par 20 m de fond.

Cinq mois plus tard John remonte l'épave dans le plus grand secret et avec un stratifieur remonte le bateau et rachète les pièces aux pilleurs du bateau. Il nommera le bateau Résurrection.

Chaque dimanche jusqu'à sa mort en 1998, John sortira avec son Sun Legend à la voilure bricolée.

Six mois après sa mort Palm Island était cédée à un chaîne touristique.

 

 

Ils ont aimé :